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Critiquer mon pays ? Moi ? Jamais ! Enfin…. Allez, juste un peu… Bon, d’accord, je me lance :

Mon bien-aimé et moi-même avons décidé de nous installer en France après presque 5 ans de vie commune (dont 3 de mariage) en Bolivie. Le consulat de France nous connaît, on s’y est concubiné, on a fait la transcription du mariage. Hector est venu en France 4 fois. Bref, on s’inquiétait pas pour l’obtention du visa long séjour auprès du consulat de France (moins exigent que les visas de 3 mois via le consulat d’Espagne comme portail européen). On prépare les documents (certificats mariage, cartes d’identités, billets d’avions, certificats d’hébergement), Hector voyage à La Paz pour obtenir son visa (1 nuit de bus + un avion, le tout à 50 euros l’aller + logement là bas). On devait lui donner en une semaine… ah non, tiens, c’est un mois maintenant !

Un mois plus tard, rebelote bus, avion, logement. On apprend qu’en fait une nouvelle circulaire vient d’être signée. Que le test de français prévu dans le cadre du contrat d’intégration ne se fait plus en France mais dans le pays d’origine (je ne suis pas contre, mais c’est bien de le savoir tôt pour réviser et non 5 jours avant le test). Du coup Hector et moi nous lançons dans les présentations orales, les compréhensions de texte, les « il faut » et « il doit », les « il y a »… Et après avoir bien potassé, Hector s’en est tiré comme un chef !

Mais le truc drôle, c’est les valeurs de la république : on te pose 6 questions sur la laïcité, les droits, la liberté, il faut avoir au moins 5 bonnes réponses. C’est souvent des questions de bon sens, mais y’en a aussi des couillonnes. Exemples lors des révisions sur internet : Lire la suite »

En Bolivie, je m’émerveille toujours de revenir du marché avec si peu d’emballages (produits frais pour la plupart). Cependant, il y a ce sac plastique qui m’embête : on me le donne pour emballer la viande, le pain, les deux sacs de lait, les poires, les bananes… bref, pour tout. Ce n’est pas un grand sac plastique comme celui que nous donnait carrefour ou décathlon gratuitement pendant des années. C’est juste un petit sac vert, rouge ou transparent, qui ne paie pas de mine. Pas d’inscriptions ni de pub. Il m’embête, je l’accepte ou pas, mais ma réflexion s’est toujours arrêtée là…. Jusqu’à ce que j’aille dans la grande banlieue de Santa Cruz, voir les femmes ayoreas. Je suis restée bouche bée devant ces champs de sacs plastiques. C’était même beau : on aurait dit des fleurs. Mais le constat est vraiment triste. Des champs de sacs plastiques… forcément, la réflexion avance.

Mon travail avec Volens cette année, c’est beaucoup de fatigue, de poussière et de rapports. Mais c’est aussi surtout l’occasion de connaître la vie de personnes que jamais je n’aurai rencontrées, de comprendre le mécanisme d’activités productives intéressantes, de découvrir des cultures et des paysages à l’opposé de ce que j’ai connu pendant des années à Paris ou dans les Andes.

Récemment, c’est les ayoreos qui m’ont étonné (dan s le bon comme dans le moins bon : c’est parce qu’elles se sont montrées curieuses, ouvertes, sympas pendant tout le voyage. En revanche, d’un point de vue organisation (recevoir les guaranis), c’était un vrai désastre !). J’vous explique comment une gringa de la banlieue parisienne s’est retrouvée à faire des sacs en plantes de karaguata au milieu des communautés ayoreas : Lire la suite »

Depuis la mi-mai, la pêche est ouverte ! Et cela génère une activité économique grouillante à Villamontes, qui borde le Pilcomayo.

Ici, le sábalo est roi. Il y a bien le surubi et le dorado, mais ils ne sont rien comparés au sabalo, a la chair moelleuse et parfumée, qui entraine dans son sillage une ahurissante ruée à la pêche : Lire la suite »

L’Isoso est un lieu de femmes. On voit des hommes, mais ils sont plutôt jeunes (très jeunes) ou âgés. Les hommes de 20 à 50 ans sont pratiquement absents : ils partent à Santa Cruz travailler pour rapporter de l’argent (nombreux partent à la récolte de canne à sucre dans les départements de Santa Cruz… il parait que c’est une vraie corvée, des journées harassantes.*). Bref, pour dire que l’Isoso est un endroit où l’on n’ose pas trop demander où se trouve le mari ou le père. La grande majorité des femmes avec lesquelles on travaille ont 1 à 5 enfants, et vivent avec leur mère, sœur, belle-sœur… Elles ont à charge la nourriture (dans un milieu bien aride pour faire pousser des légumes), la maison, les enfants.

Adrian endormi - Ibasirir

Vanessa - Village de Yapiroa

Il me semble que cet aspect est vraiment à prendre en considération si on veut comprendre les règles que les femmes se donnent dans leur groupe de production (savon, shampoing, cupesí). Et donc en écho à l’article précédent, et pour illustrer ce à quoi ressemble l’élaboration d’un petit règlement, voici quelques exemples de règles élaborées par les groupes : Lire la suite »

Cela fait un an que je travaille dans le Chaco, que je voyage sur plus de 400 kilomètres pour travailler au sein des villages avec les groupes de petits producteurs guaranis, que l’on organise des réunions avec l’équipe de Volens tous les mois pour s’assurer d’une bonne coordination de nos activités. Cela fait plus d’un an que j’ai le sentiment de nager, ou parfois de me noyer dans ces voyages, ces nombreux groupes et ce foisonnement de réunions.

Mais voilà enfin les premiers résultats de mon travail. Et c’est un réel bonheur ! J’m’explique : Lire la suite »

Puisque je suis bolivienne, je bénéficie de ce droit et de ce devoir (obligatoire). Et j’avoue que depuis maintenant deux ans, je suis à chaque fois assez étonnée de voir que ca fonctionne –grosso modo- bien, du moins lors du jour J. C’est-à-dire que personne ne se bat, qu’on trouve assez facilement son bureau de vote, que les responsables du bureau de vote sont bien là… Lire la suite »

Depuis deux ans, Volens a fait le pari de travailler en actions : réunir des organisations autour d’une même problématique de développement et accompagner leurs efforts au travers d’équipes pluridisciplinaires de coopérants afin de favoriser les synergies.

Dans notre action, nous travaillons avec des organisations indigènes à l’amélioration de la production et à la transformation de produits, ainsi qu’à l’augmentation des ventes. Unités d’actions ? Eh bien la production, la vente, les organisations indigènes du Chaco bolivien. Mais à y regarder de plus prés, la réalité est un peu plus complexe : les groupes indigènes du Chaco sont ils les mêmes ? Comment leur localisation géographique, au sein de cette région, influence-elle leur développement institutionnel ?

Pour y voir plus clair, déblayons un peu le terrain : Lire la suite »

Alors voilà, la France est en émoi, et bien la Bolivie aussi. Le 4 avril, c’est les municipales et départementales (qui correspondent à nos régionales). Depuis 15 jours la campagne électorale augmente en intensité, et cela fait du bruit.

Pour exemple, prenons Villamontes: petite ville (ou gros village) de 20.000 hb, 5 partis politiques bataillent pour la victoire (1 du MAS, le parti d’Evo, et 4 que je classerai plutôt à droite, mais sans en avoir de grandes certitudes non plus.. c’est juste qu’ils sont contre le MAS). Comme en France, l’argent est le nerf de la guerre (murs peints aux couleurs du parti, affiche, pubs télé et radio). Mais le bruit l’est aussi : les candidats croient tous que plus ils feront de bruit, et plus on les écoutera. Imaginez : 1 voiture (ou camion, ou camionnette) équipée de hauts parleurs du genre tuning. Une chanson à la mode (cumbia, forcément), dont les paroles ont été détournées pour nous vanter (sur des rythmes chauds quoique répétitifs) la candeur, la pureté, l’honnêteté et le changement promis par chacun d’entre eux. Imaginez le volume sonore (du genre soirée entre amis assis au bar juste en face des baffles, et multipliez par 10 ou 20), imaginez la qualité sonore (les préréglages d’un concert avec les “tuiiiii” qui s’échappent du micro alors que c’est justement ceux-là qu’on cherche à éviter) et imaginez encore la qualité des paroles de la musique (je vous laisse vraiment imaginer). Pensez qu’une voiture sillonne pendant au moins 12 heures par jour les 20 rues de Villamontes (20 dans un sens, 20 dans l’autre, grosso modo), et pensez qu’en fait elles sont 5 (puisque 5 candidats)…

Et là vous comprendrez notre malheur. Pour comble, le cirque est dans le coin. Une voiture de plus qui se promène avec son haut parleur !

« Comment pervertir l’Homme (au sens d’être humain ) ». Vaste sujet, grand débat, voie de garage…  oui, c’est vrai. Mais je pose la question ici, à Villamontes, en 2010 :

-          Comment pervertir l’Homme ?

-           Facile !! Viens donc vivre un temps par ici….

Lire la suite »

Gouverneur

Ca y’est ! La campagne électorale est finie (et le bruit avec), les élections sont passées, et on commence à avoir un début d’information concernant le vote des boliviens. Au niveau des départements, il semble qu’une majorité des départements (9 départements) soit du MAS, le parti d’Evo Morales. Le reste, plutôt à droite, correspond toujours à ce qu’on appelle la demi-lune. Sans grande surprise, les départements de Tarija et de Santa Cruz ont gardé leurs préfets de département, ce qui ne nous empêche pas de râler (si vous entendiez tous les noms qu’Hector et moi leur donnons à ces deux là). Et puis dans les faits, nous ne parlons plus de préfets, non, nous parlons de « gouverneurs », thème cher à Ruben Costas, l’actuel gouverneur de Santa Cruz. Lire la suite »

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